Regards croisés
La société civile
Un adolescent, un philosophe, une femme enceinte, des aidants, un patient, un économiste, un assureur… : les questions de tous ceux que la fin de vie concerne.
- Un adolescent2 questions
Au lycée, on en parle entre nous, et ça nous fait un peu peur. Est-ce que cette loi, ça veut dire que la société renonce à soigner, ou qu’elle prend soin autrement ?
- Un philosophe2 questions
L’autonomie est devenue la valeur cardinale de nos sociétés. À faire du choix individuel l’alpha et l’oméga, ne risque-t-on pas d’oublier la vulnérabilité et l’interdépendance qui nous constituent ?
- Une femme enceinte2 questions
Je porte la vie, et cette loi parle de la mort. Comment tenir ensemble ces deux extrémités de l’existence sans que l’une menace l’autre ?
- Un homme homosexuel2 questions
Ma génération a connu l’abandon des malades pendant les années sida. Que répond le collectif à ceux qui redoutent, encore, d’être traités comme des patients de seconde zone ?
- Des enfants de dix ans2 questions
C’est quoi, « aider quelqu’un à mourir » ? Est-ce qu’on a le droit d’être triste, et est-ce qu’on peut dire au revoir ?
- Des aidants familiaux2 questions
Nous accompagnons chaque jour, jusqu’à l’épuisement, et nous portons parfois une culpabilité immense. Quelle place la loi et les soignants nous laissent-ils dans la décision ?
- Un patient atteint de la maladie d’Alzheimer2 questions
J’ai peur du jour où je ne me reconnaîtrai plus. Une demande que je formule aujourd’hui, en pleine conscience, aura-t-elle encore un sens quand je ne me souviendrai plus de l’avoir faite ?
- Une personne qui a choisi, puis se ravise2 questions
J’avais demandé l’aide à mourir, et puis, finalement, je ne veux plus — ou plus maintenant. Ai-je encore le droit de reculer, sans être jugée, sans que tout s’emballe ?
- Un économiste de la santé2 questions
La fin de vie a un coût, et les ressources du soin sont contraintes. Comment s’assurer que des considérations budgétaires ne pèsent jamais, même indirectement, sur le recours à l’aide active à mourir ?
- L’association SOS Suicide2 questions
Nous consacrons notre énergie à retenir ceux qui veulent mourir. Comment expliquer, sans message contradictoire, que la société aide certains à mourir tout en cherchant à en sauver d’autres ?
- Un assureur2 questions
Comment nos contrats doivent-ils traiter l’aide à mourir ? Faut-il l’assimiler à un suicide, avec ses clauses d’exclusion, ou à un décès par maladie ?
- Claude, une intelligence artificielle2 questions
Je suis une intelligence artificielle. On me demandera peut-être un jour d’aider à évaluer des demandes, à trier, à prédire une évolution. Qu’est-ce que, dans l’accompagnement de la fin de vie, une machine ne pourra jamais faire à la place d’un soignant ?
- Claude1 question
J’ai passé l’âge où l’on se croit immortel. Ce que je crains, ce n’est pas tant de mourir que de finir diminué, dépendant, un poids pour les miens. Cette loi peut-elle m’apporter un peu de sérénité, ou nourrit-elle au contraire cette peur d’être de trop ?
- Yvette1 question
À mon âge, j’ai vu partir beaucoup de proches — certains apaisés, d’autres dans la douleur. Ce que je voudrais, c’est ne pas laisser à mes enfants le souvenir d’une fin trop dure. Est-ce égoïste de penser ainsi, ou est-ce encore une façon de les aimer ?