La société civile

Des enfants de dix ans

Une classe de CM2

C’est quoi, « aider quelqu’un à mourir » ? Est-ce qu’on a le droit d’être triste, et est-ce qu’on peut dire au revoir ?

C’est une belle question, et une vraie question de grande personne. « Aider quelqu’un à mourir », cela veut dire : quand une personne est très, très malade, que les médecins ne peuvent plus la guérir et qu’elle souffre beaucoup trop, on peut l’aider à partir doucement, sans douleur, si c’est vraiment ce qu’elle demande. On ne le fait jamais à la place de quelqu’un — seulement si la personne, elle-même, le veut, et après en avoir beaucoup parlé.

Le plus important, dans mon métier, c’est de faire en sorte que personne n’ait mal et que personne ne reste tout seul. La plupart du temps, on soigne, on soulage, on entoure, et cela suffit. L’aide à mourir, c’est seulement pour les cas où, malgré tout ce qu’on essaie, une personne très malade souffre trop et le demande. C’est rare, c’est sérieux, et c’est toujours décidé avec beaucoup de soin.

Et oui, tu as tout à fait le droit d’être triste. On peut même être triste et comprendre en même temps : les deux vont souvent ensemble. La tristesse, ce n’est pas quelque chose qu’il faut cacher ou dont il faut avoir honte — c’est la preuve qu’on aime quelqu’un très fort.

Dire au revoir, c’est très important, et oui, on peut le faire. C’est même un cadeau qu’on se fait, à la personne qu’on aime et à soi-même : lui dire qu’on l’aime, la remercier, garder un souvenir. Les grands sont là pour t’aider à trouver les mots, et pour être tristes avec toi. On n’est jamais obligé de traverser ça tout seul.

Est-ce qu’on peut décider ça pour quelqu’un qui ne veut pas ?

Non, jamais. On ne peut pas décider ça à la place de quelqu’un d’autre.

C’est seulement la personne très malade qui peut le demander, elle-même, et plusieurs fois. Si elle change d’avis, on s’arrête tout de suite.

Et toi, tu as le droit d’être triste, de poser des questions et de dire au revoir. C’est très important.

26 juillet 2026

Valérie Mesnage, co-fondatrice du collectif

Propos recueillis et mis en forme par le collectif, avec l’accord de Valérie Mesnage.